Critique ciné : The Prodigies

Lorsque je vais au cinéma, j’aime beaucoup y aller les mains dans les poches. Je me prive donc de toutes bandes-annonces et je lis rarement les détails d’un film avant de l’avoir vu, histoire de ne pas gâcher cet effet de surprise et de découverte qui me plaît tant. C’est donc avec une totale méconnaissance du synopsis que je me suis rendue à l’avant-première de The Prodigies chez Warner jeudi soir dernier. Venue dans l’optique d’un simple « film d’animation en 3D avec des enfants » (ouais, il y a quand même certaines informations qui ont réussi à filtrer mon pare-feu humain…), je me suis vite rendue compte que je faisais fausse route. Non pas que je boycotte les films d’animation avec des enfants, mais je dois avouer avoir redouté la possible « gnangnantise » et le fréquent « oh c’est trop mignon » qui auraient pu tout gâcher. J’aime les beaux films tout ça, mais ce soir là je n’avais pas vraiment envie d’une production aseptisée… ce qui tombait plutôt bien.

The Prodigies, réalisé par Antoine Charreyron, est un film d’animation inspiré de l’ouvrage de Bernard Lanteric « La nuit des enfants rois », paru en 1981. Ici, le scénario n’est pas tout à fait le même puisqu’il a été adapté à l’époque actuelle : il met principalement en scène cinq adolescents dotés d’une intelligence surhumaine, ainsi que Jimbo, le personnage clé. Depuis le décès de ses parents durant son enfance, ce dernier a été placé dans un hôpital psychiatrique, là où tout le monde refusait de croire en ses capacités mentales. Une fois sorti, il a inventé un jeu en ligne d’une complexité extrême afin de retrouver d’autres prodiges « comme lui » et de les protéger, mais tout ne se passe pas comme prévu bien évidemment…

Dès les premières secondes, je me suis retrouvée complètement bouleversée par la scène d’ouverture du film. A vrai dire je ne m’attendais pas à autant de violence et à de belles images ,semblables à celle que l’on peut trouver dans un comics ou un jeu vidéo. Non pas que les personnages soient magnifiques et hyper bien modélisés, ce qui n’est pas vraiment le cas, mais les ralentis, les placements de caméra ou encore les bruitages font de cette scène d’introduction l’une des plus surprenantes et dingues que j’ai pu voir cette année et même depuis un petit bout de temps. Voici donc une vidéo présentant les premières minutes, histoire que vous compreniez un peu de quoi je parle :

Le film a été réalisé en motion capture, ce qui rend les expressions faciales des protagonistes encore plus réelles. Car même si, comme je vous le précisais toute à l’heure, les graphismes sont loin d’être exceptionnels, on se laisse vite captiver par les différentes émotions véhiculées par les personnages. Les cinq adolescents se sentent seuls, rejetés par ceux qui les entourent, et on le ressent parfaitement bien. Les images dignes d’une PS1 qui peuvent en faire râler certains ne m’ont en aucun cas gâché la qualité du film et bien au contraire, j’ai trouvé l’immersion si parfaite que j’en ai oublié ce détail durant le projection.

Durant la totalité du long métrage, on perçoit clairement l’influence des comics et des jeux vidéo chez le réalisateur, ce qui est également très plaisant. J’avais parfois l’impression de regarder une cinématique de jeu et que j’allais devoir reprendre la manette à tout moment. En fait, je crois que j’ai vécu physiquement le film et j’ai adoré cette petite tension du « non non j’en veux encore, faites que ça ne se termine pas maintenant ». Il y avait bien longtemps que ça ne m’étais pas arrivé ! Les scènes de violence ont également joué un rôle important dans mon enthousiasme pour ce film je pense… car voir un viol ou une décapitation dans un film d’animation alors que l’on y va avec des à priori de film « tout-gentil-tout-mignon », c’est plutôt une bonne surprise. Le film n’ayant pas été soumis à la censure au moment où nous l’avons visionné, nous avons pu voir toutes les scènes un peu gores du film et il s’avèrerait qu’il soit interdit en salle aux moins de 12 ans. Logique.

La projection s’est faite en 3D et contrairement à Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence que j’ai pu voir récemment, la 3D joue vraiment bien son rôle ici. Le sentiment d’immersion est entier et ça fait plaisir de voir que certains parviennent à rendre intéressante cette technologie, même avec peu de moyens.

Des fois que vous ne l’ayez pas bien compris, j’ai vraiment beaucoup aimé ce long métrage et je serais prête à retourner le voir à sa sortie et même a acheter le DVD dans quelques mois, allez soyons fous ! En attendant, je vous le conseille les yeux fermés si vous pensez pouvoir apprécier le mélange entre le jeu vidéo et le comics, avec un soupçon de violence. Rendez-vous donc le 8 juin prochain et vous m’en direz des nouvelles !