Etape 2 : validation du visa Japon et larmes de joie

Cette fois ça y est elle est là, elle est douce et soyeuse et elle fait chaud au coeur la confirmation de visa pour aller au Japon l’année prochaine ! Après trois (longs) mois d’attente, le jour J est enfin arrivé. Et, comme l’aurait dit Maître Gims, autant vous dire que je trépignais comme jamais. 

« Jeudi 9 novembre 2017 », date marquée en rouge fluo dans mon calendrier depuis le mois d’août dernier. Date à laquelle l’école pour laquelle j’ai postulé m’avait dit, je cite, « We all looking forward to sending good news on the November 9th ». Et moi donc ! Un simple jeudi sur le papier, qui s’intercalait entre le mercredi et le TGIF, mais qui en fait s’apparentait plus pour moi à un grand pas vers le changement de vie et le déménagement à Tokyo.

J-10000 hors taxe

Après avoir compté tous les dodos du monde, hier matin était le grand jour : 6h45 j’ouvre les yeux (merci à Tamago qui m’a roulé dessus (mais de manière si mignonne que tu ne peux rien dire)). Premier réflexe : « Oh bordel mes mails ! Mes mails ! Où est mon téléphone ?! ». Scroll vers le bas. Actualisation des mails. Re-scroll vers le bas pour être bien sûre. Actualisation en cours. « Pas de nouveaux mails ». 6h47 la déception se fait sentir. 7h p’tit dej de p’tit coeur brisé. 7H15, passage sur l’ordi pour être plus réactive au cas où. Puis, jusqu’à 10h j’ai passé 95% de mon temps à violenter mon index à coups de F5. Rien. Nada. Que-dal.

Bon, je me motive à aller courir. Je me dis que ça va m’occuper plutôt que de tourner en rond comme un animal en cage. En vrai je n’ai pensé qu’à ça à chaque foulée, et j’espérais de tout mon coeur recevoir ce mail récompense en rentrant à la maison (j’avais pas d’internet à l’extérieur donc le suspense était aussi total que l’était Kheops sur Skyrock). Je me lançais ces petits défis qui servent à rien, vous savez genre quand au bord de la mort, vous vous dites « allez si tu cours jusqu’au village là-bas au fond sans t’arrêter, c’est sûr t’auras la réponse en revenant ! ». Comme si y avait un mec là haut qui surveillait.. « oh les gars elle s’est pas arrêtée, vous pouvez balancer le mail ». NOPE.

Bref, 11h, je suis épuisée, douchée, parée, et… toujours rien. Je sens cette petite amertume qui m’envahit mais bon, il est 19h à Tokyo, je me fais une raison en me disant que je devrais sûrement patienter jusqu’au lendemain.

Mais non, c’est le Japon ma p’tite dame

13h30 : alors que je suis plongée dans mes boulettes de viande pour oublier, qu’entends-je au loin ? Serait-ce bien un « tiiiiing » ? (*bruit de mail Apple difficile à reproduire à l’écrit*). Mouais, on ne m’aura plus. Je m’étais déjà faite avoir beaucoup trop de fois le matin par ce son imaginé comme le saint graal qui en fait ne faisait que m’informer des dernières promos Uniqlo ou des mises à jours des RP jeux vidéo (hein, toi là bas !). Ascenseur émotionnel again ? Non merci. C’est donc les bras ballants que je me traîne en boudant jusqu’à l’ordi. Quand soudain, il était là. Il était signalé en non lu. En gras. Il était arrivé. Le mail ultime, celui qui allait enfin me dire si oui ou non j’allais pouvoir mettre à execution mes nouveaux projets.

 

« I am so happy to inform you that
your student visa is granted today!! » 

Qu’elle me dit, à 21h30 heure locale. Cette fois ça y est, c’est donc bel et bien réel, c’est un oui ! Je suis officiellement acceptée par l’immigration japonaise et je serai à Tokyo dès le début du mois de janvier pour la rentrée scolaire. MAIS OUI PUTAIN OUI !!! Je suis tellement contente… honnêtement il y avait peu de raisons qu’ils me refusent mon dossier celui-ci étant quand même assez béton, mais on ne sait jamais. Une mauvaise journée, un tonkatsu qui passe mal, une gueule de bois de la veille ou encore un missclick et le mec me dit non. Bref, plus de stress c’est tout bon et c’est un grand pas vers la suite de l’aventure. En toute honnêteté, je ne réalise pour l’instant qu’à moitié. J’attends vraiment d’avoir le papier en main, d’être à l’aéroport complètement jet lagged et d’avoir mon cartable sur le dos pour me dire que j’y suis réellement.

L’année prochaine sera une autre année décisive, la suite de ce que nous mettons en place depuis si longtemps, et donc définitivement une année de transition pendant laquelle je vais devoir redevenir étudiante (et j’espère ne pas être la seule « vieille » parmi les jeunes 😂). Ce ne sera pas de tout repos entre l’école, le baito, le changement de pays, les choses qui restent encore dans l’inconnu pour la suite mais l’expérience en vaut clairement la chandelle. Bientôt tous les « sacrifices » qu’on a fait ces dernières années payeront et on sera les plus heureux du monde.

Un jour ma mère m’avait dit : « Profite de la vie ma fille, t’es jeune ». Elle m’avait aussi dit qu’il fallait suivre mes rêves tant que je le pouvais. Et bien voilà, ils sont là, je les touche presque du doigt et je n’ai pas encore dit mon dernier mot. Oh là là que ça va être cool… je ne suis jamais très expressive mais je pleure de joie dans mon dedans. Mais pas le temps pour ça, on est déjà en novembre et il faut que je prenne mon billet, que je trouve un appart, sans compter ma fidèle liste de 1500 kanjis à apprendre avant de commencer les choses sérieuses (et j’en chie sévère !).

Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiii 🎉🔥🇯🇵💕