Le retrogaming est-il générationnel ?

Une chose est sûre, les jeux vidéo font partie intégrante de ma vie depuis mon plus jeune âge. Après avoir commencé chez mes cousins et cousines sur Atari, j’ai pu enfin apprécier le fait d’avoir ma propre console à la maison lorsque mon père et moi sommes allés acheter la fameuse NES, très à la mode à l’époque. Et c’est ici que tout a basculé.

Mes premiers moments de Super Mario Bros étaient un véritable calvaire puisqu’il m’était impossible, du moins pendant les 10 premières minutes, de passer le premier trou du niveau 1. Je courrais, attrapais le champignon une fois sur trois et tombais irrémédiablement dans le vide dès les premières secondes. Mais alors une fois que j’avais compris qu’il fallait appuyer sur A pour sauter, ce fut une véritable révolution. Je suis devenue complètement accro et du haut des mes 4-5 ans, je pouvais déjà passer des heures complètes devant l’écran de la télé.

Mais je n’écris pas ce billet dans le but de vous raconter ma vie mais plutôt de soulever une question que je me pose depuis un petit moment maintenant. Étant donné que le retrogaming est une passion qui consiste à apprécier les anciens jeux vidéo et les vieilles consoles, est-il possible qu’un adolescent de maintenant puisse y trouver le même plaisir ? Je me suis déjà fait plusieurs fois la réflexion, en me demandant si on pouvait être un retrogamer sans avoir vécu cette époque.

Depuis mon dernier article sur la question (sur Just-Gamers) qui date de l’année dernière, j’ai pu discuter et débattre sur le sujet avec pas mal de monde et deux groupes s’opposent : d’un côté les fervents défenseurs du « c’était mieux avant », nostalgiques de la belle époque, qui soutiennent que seuls ceux qui ont vécu l’évolution du jeu vidéo peuvent comprendre cet engouement pour la 2D ; de l’autre, les plus laxistes qui jugent qu’un joueur, qu’il soit âgé de 30 ou de 12 ans, peut tout aussi bien apprécier les pixels des années 80. Pour ma part, je me situe plutôt du côté de ceux qui pensent que le retrogaming est accessible à tout le monde, mais que l’approche est différente.

Tout d’abord parce que forcément, si tu fais partie de la génération des années 80 (pour être large), tu ressens quand même une certaine nostalgie quand tu rebranches ta Megadrive ou que tu ressors ta grosse GameBoy grise des familles, que les plus jeunes ne peuvent éprouver. Quand je regarde des vidéos d’anciens titres sur internet  sur lesquels j’ai passé des heures, je sens une émotion intense qui me rappelle de bons vieux souvenirs, des moments précis de ma vie. Je pense que le retrogaming ne se limite pas au plaisir, c’est aussi de l’émotion.

En revanche, j’ai un petit frère de 12 ans, qui n’a donc pas vécu cette période où les consoles bien pointues et carrées étaient à la maison, mais qui a pu commencé réellement sur ma PS1. Même s’il adore passer une bonne partie de son temps sur des jeux comme WoW, Warcraft et autres jeux que je ne comprends pas (ouais je déteste les MMORPG, je troll et alors ?!), il apprécie tout autant le fait de se poser devant un Resident Evil et pourrait même passer des heures sur Mario Bros ou autres jeux en 2D. D’ailleurs le Museogames peut être un excellent exemple, lorsque l’on voit le succès que l’expo à eu sur les plus jeunes, on voit clairement que le retrogaming n’est pas mort et qu’il touche toutes les générations.

Si on se penche du côté d’autres pratiques culturelles, on pourrait tout aussi bien comparer l’amour du retrogaming à celui que l’on peut avoir pour d’anciens groupes musicaux ou d’anciens films. Je ne vois pas pourquoi un adolescent d’une quinzaine d’années ne pourrait pas idolâtrer les Rolling Stones au même titre qu’un quadragénaire… Les jeux vidéo sont une richesse, alors pourquoi se cantonner aux productions de son époque alors qu’il y a tellement de choses à explorer depuis leur création ?