Japon 2018 : redevenir étudiante le temps d’une année

Il y a deux mois, j’ai quitté mon job avec pour objectif de suivre mes rêves et d’aller vivre ma vie au Japon. Mon but premier était en toute logique de trouver directement un autre poste à Tokyo, et idéalement dans mon domaine (la communication, le marketing, les RP (multifonctions bonjour) dans le jeu vidéo). Nous sommes maintenant en août et voilà que je pars sur un tout autre projet !

Après avoir passé plusieurs entretiens dans des sociétés de jeux vidéo Tokyoïtes exclusivement, la même chose revient toujours : même si mon expérience et mon côté « touche à tout » ont été très appréciés et complimentés, je n’ai pas le niveau business en japonais, ce qui refroidit les CEO. En même temps, je comprends tout à fait : l’idée est quand même de m’embaucher en ne m’ayant vu/entendu que via Skype, de sponsoriser mon visa et par conséquent que je sois efficace et que tout se passe bien. Ils sont en quelques sortes « responsables » de mon entrée dans l’entreprise mais aussi plus globalement sur le territoire. De plus, j’imagine que c’est pas mal d’administratif et de frais pour l’entreprise, ce pourquoi ils se doivent également d’être sûrs à 100% pour lancer la machine (même si plus la boîte est grosse, plus le process est « simple » pour eux).

En tous cas, une chose est sûre, en plus de ne pas avoir le niveau espéré en japonais, ce n’est vraiment pas évident de postuler depuis le bout du monde et de ne pas être sur place pour les entretiens. Pour avoir été dans la peau du recruteur plusieurs fois, rencontrer physiquement la personne met tout de même plus de chances de son côté, qu’on le veuille ou non. Mais globalement c’était très enrichissant, cela m’a permis tout d’abord de me remettre dans le bain des entretiens en anglais, chose que je n’avais pas fait depuis plus de six ans, mais aussi de découvrir comment cela se passe au Japon. Pour la petite anecdote, je m’en suis plutôt bien sorti pour une société de renom (dont je tairais le nom), pour laquelle je suis allée plutôt loin dans le process mais pour qui ce n’était pas le bon moment. Un mal pour un bien peut-être, mais du coup je me dis que rien n’est perdu 🙂

En parallèle, j’ai eu le temps pendant ces deux mois de me poser pas mal de questions. Est-ce que j’ai vraiment envie de continuer dans cette branche ? Il est vrai que de bosser dans le jeu vidéo c’est très sympa quand on est joueuse, cela va de soit. Et puis, depuis un paquet d’années, j’ai pu me construire une expérience vraiment diverse et variée dans le domaine du marketing/com/RP, donc ce serait l’idéal / le « plus simple ». Mais à l’inverse, est-ce que je ne me lancerai pas dans un truc qui n’a rien à voir ? Découvrir de nouvelles choses, tout ça. Et pour être honnête, je ne sais toujours pas trop ce que je cherche vraiment professionnellement parlant. Quand soudain, suite à des conseils d’amis japonais, mais aussi de français qui ont été dans mon cas auparavant, ou encore des sociétés dans lesquelles j’ai postulé,  j’ai eu une illumination.

J’ai 20 ans à nouveau

Pour mettre plus de chances de mon côté mais aussi pour me permettre de me laisser le temps de faire le point sur ma carrière, j’ai décidé d’arrêter de chercher du travail et de me consacrer à l’étude approfondie du japonais directement sur place. C’est pourquoi, du haut de mes 32 ans, je me retrouve à faire les démarches pour un visa étudiant. Je suis donc en plein processus pour rejoindre une école de langue à Tokyo, et ce pendant un an. Si tout se passe comme prévu et si je suis acceptée à l’immigration, je ferai donc ma rentrée en janvier (avec mon petit cartable et mes buvards) avec pour objectif de gagner plusieurs points de compétence en Japonais qui, par la suite, m’ouvriront plus de portes au niveau professionnel.

Autre point positif de ce nouveau projet est que les cours n’auront lieu exclusivement que le matin ou l’après-midi. Ce qui me permettra en parallèle de jouer à maimai trouver un baito pour me familiariser encore plus avec le monde professionnel sur place, et aussi de me faire un peu d’argent. Car oui, faire un an à Tokyo dans une école de japonais, ça coûte cher (pour info, il faut compter environ 7000 euros à l’année rien que pour l’école. Il faut ensuite compter le logement, les dépenses quotidiennes etc etc).

Adieu Paris, adieu la Fronce

Quoi qu’il en soit, je quitterai Paris d’ici les prochaines semaines afin de me rendre en Autriche et de profiter de la nature et du calme avant la tempête. Ce sera aussi pour moi l’occasion de me ressourcer un peu avec mon copain, mon chat, et les schnitzel, afin de préparer au mieux ma rentrée (et de noter tout un tas d’endroits où il faudra que j’aille une fois sur place !).

Bref, j’aurais ma réponse de l’immigration le 9 novembre prochain, et autant vous dire que je croise tout ce qui me sert de doigts ! 🤞