Le premier jour du reste de ma vie

Comme je vous l’ai indiqué dans mon précédent billet, je suis actuellement en route pour une nouvelle vie au Japon, ce qui implique donc de quitter mon job. Car oui, après plus de six ans, il est venu le temps pour moi de dire au revoir à DotEmu. C’est une longue page qui s’est tournée hier mais pour la plus belle des raisons : pouvoir écrire un nouveau chapitre de ma vie. Oh mais que dis-je un chapitre, un livre, une péninsule. Bref c’est cool !

C’est vrai que c’est toujours un peu téméraire de quitter un CDI sans ne rien avoir d’assuré derrière. La stabilité du salaire qui tombe tous les mois, la facilité de connaître déjà tout le monde au bureau, la tranquillité de pouvoir organiser ses horaires / journées comme on le souhaite, c’est quand même agréable. Mais voilà parfois ça ne suffit pas, il manque un petit quelque chose (qui a dit l’argent ?! Je vous vois). Cela fait maintenant un petit moment que mon départ a été acté (depuis début 2017) et, entre la passation et les projets en cours, j’ai l’impression que ces derniers mois ont disparu dans un vortex spatio temporel. Mais voilà, cette fois ça y est, c’est bel et bien fini.

Quand je suis arrivée chez DotEmu, c’était en 2011 pour un stage, et ça ne nous rajeunit pas des masses. On n’était même pas une dizaine et on bossait sur des jeux flashs ou sur des téléphones dont la batterie durait un peu plus longtemps. La communication était quasi inexistante et après toutes ces années à bosser comme une dératée, je suis plutôt fière d’avoir réussi à créer quelque chose de plutôt solide. C’était souvent difficile (surtout quand il s’agissait de jeux un peu trop niche), mais très challengeant de tout avoir à construire. C’est aussi pour cette raison que j’ai préféré me diriger vers une petite boîte plutôt qu’une grosse à la fin de mes études. Ces derniers mois ont été pour moi l’occasion de bosser sur des projets très très cools (Wonder Boy, Ys Origin, Windjammers), et à 32 ans, j’ai décidé de passer le flambeau.

En vrai je n’arrive pas encore bien à réaliser. J’ai l’impression de simplement partir en vacances et que dans deux semaines, je vais devoir y retourner. Six ans d’une vie c’est quand même long, on a du mal à vraiment s’en détacher du jour au lendemain. Mais c’est bel et bien fini, maintenant place à l’avenir. Surtout que mes prochains mois ne seront pas de tout repos car je dois quand même trouver du boulot (rien que ça), un appartement à Tokyo, organiser le déménagement, vendre tout plein de trucs (achetez achetez !!), et refaire Persona 5 parce que je n’ai pas eu la bonne fin.

Ce qui est étrange dans tout ça, c’est que je ne panique pas du tout. Bon, pour le moment… peut-être que ça viendra plus tard. On part quand même dans un pays à l’autre bout du monde, je n’ai pas encore vraiment commencé à chercher du travail et tout ce qui arrivera les prochains mois est vraiment flou. Mais voilà, je suis à la fois soulagée, heureuse, et surtout très excitée de voir tout ce que tout ça va donner. J’AI HATE PUTAIN !!!