Tout quitter ou presque – l’échange équivalent

Maintenant que je suis en plein dans les cartons, que je vois l’appart se vider petit à petit (ouais bon, il reste encore masse de choses), je réalise doucement ce qui est en train de se passer. Dans environ deux mois je quitterai Paris pour de bon, pour m’envoler vers de nouveaux horizons remplis de tsukemen et de maimai… mais pas que. 

Quitter (presque) tout ce qu’on a pour « recommencer » une vie dans un pays à l’autre bout du monde est une décision qui ne peut être prise à la légère. Oui on aurait pu faire plus simple, genre aller en Europe où les gens parlent anglais. Ou alors en Espagne parce que c’est à côté et que la bouffe est top. Et puis c’est pas loin de tout le monde, un avion ou un train et le tour est joué. Mais bon, ce n’était pas notre rêve. Comme je l’ai déjà expliqué, partir au Japon est une envie et une réflexion que nous avons mûri depuis plusieurs années et, même si tout ne va pas être facile, nous savons ce dans quoi nous nous embarquons. Enfin globalement hein, parce qu’en ce qui concerne le court terme, je ne sais toujours pas où sera situé notre appart, où je vais travailler (rien n’est encore fixé) ou encore comment va s’organiser le déménagement. Mais bon, on est en juillet, je suis laaaarge #NOT.

Où sont passés juin et juillet ?!

On ne dirait pas comme ça mais je n’arrête pas. Cela fait déjà un mois et demi que je ne bosse plus et il n’y a pas un jour où j’ai glandé (bon ok peut-être deux ou trois jours juste après ma fin de contrat, mais c’était pour faire une vraie coupure). Je me lève tous les jours à 8h du mat’ grand max (merci Tamago), j’envoi des CV, je fais des cartons, je fais Louis La Brocante, je range, je bosse mon Japonais et tout ce qui s’ensuit (cassedédi).

Le temps passe à une vitesse folle, ce qui me fait réaliser aussi qu’il ne me reste plus que deux mois pour profiter de mes amis et de ma famille ici. Deux mois donc, soit environ huit semaines. OH GOD !

L’échange équivalent, ou presque

Quitter Paris et la France dans sa globalité c’est aussi s’éloigner de ceux qui nous sont chers. Même si je sais qu’on continuera à se donner des nouvelles où que l’on soit dans le monde, il sera quand même moins facile d’organiser des bouffes ou des aperolol. Et, malgré la paperasse de l’enfer, les entretiens Skype en esquivant les passages du chat à la caméra, la baguette de pain qu’on devra payer 5€ sur place ou encore le fait de trouver un proprio qui accepte les gaijin, cette partie est certainement l’une des plus difficiles psychologiquement. (D’ailleurs si j’ai des amis et de la famille qui me lisent, je suis nulle pour ça dans la vraie vie mais je vous aime hein, vous allez me manquer. Vous avez intérêt à venir nous voir (on pourra faire du maimai à 4 et s’empifrer de tsukemen !!)).

Ce qui marrant c’est que depuis que je sais que ce sont mes derniers moments ici, je profite de Paris autrement . En toute honnêteté, même si la ville en elle-même est très jolie et intéressante, j’ai fini par détester y vivre : entre les différents services qui ne fonctionnent JAMAIS (wink wink la SNCF, RATP, La Poste et tous vos petits copains), les gens qui sont insupportables tout le temps partout (à se battre pour rien, à vouloir doubler les files d’attente, à insulter à tout va…), le fait de devoir toujours surveiller ses affaires partout, bref je ne vais pas vous faire la liste ce serait beaucoup trop long. Cette ville m’use, je ne me sens clairement pas bien ici et c’est pour ça que je la quitte. Mais voilà, depuis que je sais que je pars, et avec la venue du beau temps, j’y vis différemment et c’est pas plus mal.

Trépigner, verbe intransitif

« Frapper vivement et nerveusement des pieds contre terre pour marquer une vive émotion » (Larousse, 2017).

Après ce petit passage fille fragile, il est quand même essentiel de rappeler QUE J’AI HATE. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis pressée d’y être. Mettre nos pieds dans notre futur chez nous, voir tous les cartons posés et se dire qu’on ne va pas pouvoir faire tout rentrer, puis découvrir notre quartier (si jamais on ne le connait pas déjà), et enfin se créer notre petit train-train quotidien Tokyoïte. Je payerai très cher pour passer toutes les étapes d’avant et y être.

D’ailleurs, voici ma liste d’objectifs à accomplir avant la fin 2017 :

  • trouver un boulot cool, pour lequel je serai super motivée et donc un visa de travail 😏
  • trouver un appart à Tokyo
  • avoir bien amélioré mon japonais comme il se doit
  • avoir tout plié ici à Paris en terme administratif (enfin presque)
  • et aussi, réussir à obtenir un S sur Contrapasso Paradiso en expert. Parce qu’il ne faut pas déconner, il ne me manque que 2.12% pour faire 97% (et j’ai du la faire un million de fois !).