Tokyo, comme je t’aime

Voilà maintenant plusieurs semaines que je suis rentrée de Tokyo et j’ai longtemps hésité avant d’écrire ces quelques lignes. Tout simplement car il est vraiment très difficile (impossible même) de raconter dans un seul et même billet tout ce que j’ai pu vivre, ressentir ou encore découvrir là-bas. Mais vu qu’il ne reste plus que quelques jours avant la fin du Monde, je voulais quand même vous en parler un peu.

Étant donné que je ne sais ni par où ni par quoi commencer, je vais vous présenter ça en total random (un peu comme Total Khéops sur Skyrock à l’époque mais rien à voir).

Astuce : si vous n’y êtes jamais allé, pensez à multiplier tout ce que vous pouvez imaginer par 8000 (au moins).

Games, games everywhere

Leur culture du jeu est très différente de la nôtre. Tout est prétexte à l’amusement et les salles d’arcades recensent un public complètement hétérogène : de la japonaise en tailleur à l’homme d’affaire en passant par l’écolier qui vient se défouler après les cours, on y trouve de tout. Bref, moi j’étais de passage avec mes centaines de pièces de 100¥ dans l’idée de claquer une bonne partie de mon budget voyage dans les Ufo Catchers et les multiples bornes d’arcade que l’on ne peut pas trouver chez nous !

Je ne vais pas passer par 4 chemins, soyons direct : Taiko No Tatsujin est vraiment le meilleur jeu du monde. MAIS VRAIMENT. Sauf que quand tu vois le petit jap qui débarque du haut de ses 7 ans et demi et qui, après avoir sorti des  baguettes de son cartable One Piece, fait un perfect en mode extrême, t’es un peu dégoûtée ! Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est ça :

Puis viennent les autres jeux musicaux comme MaiMai, Hatsune Miku Project DIVA, JuBeat etc. avec du PONPONPON à tout va. Et là aussi c’est impressionnant de voir le nombre de « bots » qui font des parties de fou, sans aucune erreur. Magique. J’en avais des frissons. D’ailleurs, dès le premier jour on a croisé Rilakkuma en train d’essayer de jouer à MaiMai. Mise à part le fait que la vidéo soit en écran vertical, je veux absolument ce déguisement.

Les salles d’arcade c’est aussi les nombreux étages et le bruit insoutenable du Pachinko. AAAAAAAAAAAAAH le Pachinko, la folie des Tokyoïtes de plus de 30 ans (à vu de nez). J’ai pas tout compris mais il semble que ce soit un remix entre un flipper et une machine à sous. La prochaine fois, je tente.

Bien évidemment, je ne pouvais me rendre à Tokyo sans passer par le FujiQ, le parc d’attraction qui se situe juste à côté du mont Fuji. Sauf que, manque de pot, il a fallu qu’il pleuve toute la journée ce jour là et que certains roller coasters soient fermés… MAIS HEUREUSEMENT, le Takabisha lui était ouvert. Détenant le record du monde de la chute la plus raide avec 121°, autant dire que ça m’aurait bien dégouté de ne pas pouvoir le faire. Maintenant, ma vie a changé : après 3h de queue, je pense pouvoir affirmer que c’est certainement l’une des choses les plus folles que j’ai pu faire dans ma vie. Et si c’était à refaire, je signe tout de suite !

L’hôpital Hanté était lui aussi bien cool, et assez flippant. Le principe est simple : vous entrez par groupe de 4/5 personnes avec une lampe torche et vous vous promenez à travers les étages du bâtiment. Les décors sont dingues, l’ambiance y est très glauque et les acteurs chargés de vous surprendre font bien leur boulot. Si bien qu’ils vont jusqu’à vous courser dans un très long couloir obscur et à vous faire crier votre maman.

L’Evangelion World est également à faire si vous y allez ! L’Eva taille réelle est assez impressionnant et si vous aimez l’univers, vous allez être aux anges. Malheureusement, ma journée s’est limitée à ces 3 attractions, étant donné le temps d’attente pour chacune. Ce n’est pas bien grave, j’y retournerai c’est sûr !

Je pourrais aussi vous parler des streetbiatches de Hakihabara, du nombre incalculable de figurines et autres goodies jeux vidéo/mangas de Nakano Broadway, des simulateurs de baseball ou encore tellement de choses… mais il me faudrait écrire un roman.

Le jour où j’ai découvert mon palais

L’autre grosse partie de mon budget était consacrée à la bouffe, évidemment. Tout goûter, tout tester et surtout me régaler.

Avant tout, il faut savoir que les meilleurs sushis que j’ai pu manger de ma vie se trouvent à Tsukiji. Je ne pourrais pas vous donner le nom, ni l’adresse exacte car c’est super planqué mais mon dieu que c’était bon. C’était donc dans un tout petit resto au fond d’une ruelle, fonctionnant par session d’1h (8 personnes à chaque fois) que j’ai pu admirer le chef préparer ça de la meilleure façon qui soit. Alors que le mec te vends du rêve avec sa technique de roulage de riz, il te montre aussi sur son iPad les photos du poisson fraîchement pêché que t’es en train d’engloutir. J’ai pu y découvrir des poissons et saveurs jusque là inconnues et, pour être honnête, j’en salive rien qu’en y repensant (si on ne compte pas la tête de crevette que j’ai du manger en entier, le petit jus chaud qui en sortait et les moustaches qui me chatouillaient la bouche).

Les meilleurs gyozas eux sont à Harajuku, chez Harajuku Gyoza. Bouillis ou frits, c’est une explosion de joie sur ton palais. MON DIEU. L’endroit n’est pas très grand non plus et il faut faire la queue pour rentrer, mais ça vaut vraiment le coup croyez-moi. Si vous y allez et que ça ne vous plait pas je m’engage à vous rembourser votre repas (aucun risque).

Vient ensuite le Tsukemen de fou de Ebisu. Ahlala, le Tsukemen. Ce bouillon. Ces nouilles. Ce porc. Je ne pourrais vous le décrire.

Mais il y a aussi les onigiris et leur ouverture magique, les melon pans de chez Gooz et le thé au lait Kirin qui égayent ta matinée, les pâtisseries type « pas cuites » de chez Lawson ou Family Mart, les ramens que tu commandes à la machine, les yakitoris surprises où tout est écrit en kanjis, les énormes pèches, les boissons aux emballages tout mignons, les distributeurs tous les 3 mètres, les canettes Dragon Ball, les moult gâteaux aux haricots rouges, l’Umeshu/Ginger Ale, et bien plus encore…

I don’t want to leave in this country anymore

A Tokyo, tout est optimisé, propre, rangé, carré et les gens sont polis. On est bien loin de Paris et plus globalement de la mentalité française (à quelques exceptions près bien évidemment).
Voici quelques exemples :

  •  Tout le monde est poli, très poli, et que ce soit dans la rue ou ailleurs.
    Par exemple, dès que tu rentres dans un magasin, TOUS les vendeurs (et j’insiste sur le « tous ») te saluent et t’y accueillent avec un « Irasshaimase » (un genre de « bienvenue » je pense) qui vient du cœur. Que tu achètes ou non, ça ne change rien. Des fois ça en devient même gênant , surtout quand tu te retrouves à l’immense Uniqlo de Ginza qui s’étend sur 12 étages. A chaque étage, des dizaines de vendeurs s’inclinent devant toi au moindre croisement de regard, même furtif (soit environ 10×12=120 vendeurs, ce qui équivaut à 120 bonjour en moins de 10 min et donc plus que ce que tu peux récolter à Paris en 1 an).
  • Il y a des wagons spéciaux réservés aux femmes et aux enfants pendant les heures de pointe. La voila la solution anti « frotteurs ». C’est pas bien compliqué à mettre en place, et là-bas tout le monde s’y plie. A Paris, c’est impossible, déjà que payer un ticket c’est trop demandé, alors en plus respecter les gens, faudrait pas pousser mémé dans les orties (oui, je viens vraiment d’utiliser cette expression). D’ailleurs en parlant du métro, c’est tellement propre (que ce soit sur les quais ou dans les wagons) que je mangerai par terre sans souci. Ils sont pourtant des masses à circuler toute la journée dans les couloirs mais personne ne se bouscule ni même ne se touche. Et ça c’est top.

 

  • Comme je le disais plus haut, tout le monde suit les règles. Si un mec lambda arrive et dit aux gens que, depuis 10 minutes, il est interdit de porter un bonnet, ils enlèveront tous leur bonnet. S’il le monsieur le dit, c’est qu’il a raison et il faut obéir.
  • Il n’y a pas ce « rituel » de la bise à tout va, ils ne se touchent pas pour se dire bonjour ou au revoir mais se contentent de faire des coucous très rapides avec leurs petites mains alors qu’ils sont à 1 mètre les uns des autres (« ODIIIIIIIIILE« ). MAIS OUI. Ils ont raison, c’est vraiment chiant la bise des fois.
  • Tout le monde s’habille comme il veut, personne ne juge du regard (après de l’intérieur je ne peux pas le certifier). D’ailleurs tu remarques vite les étrangers là bas, ce sont les seuls qui se retournent sur des tenues un peu improbables (mais bon, des fois on est obligés, c’est rigolo) pour se moquer.

  • Tokyo c’est reposant. On peut se balader avec son porte-feuilles dans la poche arrière sans souci, personne ne va vous le voler. Je vous laisse tenter de garder un truc dans votre poche arrière plus de 10 minutes ici à Paris… Même un paquet de Granola, on vous le prendra. D’ailleurs on croise souvent des gens qui dorment sur le sol le soir (parce qu’ils sont souvent bourrés après 2 bières, comprenez vers 22h max), avec leur portable posé à côté, et ils le retrouveront sans souci au réveil.
    Petite anecdote: si quelqu’un trouve quelque chose par terre dans la rue, il le déposera sur le côté à l’endroit même où il a été trouvé. Du coup il y a plein de petits gadgets, porte-clés, etc sur le bas côté c’est assez drôle.
  • Chose très importante: à Tokyo tout est adapté à ma taille. Je peux POUR UNE FOIS attraper les poignées du métro sans avoir à me mettre sur la pointe des pieds et ça, c’est que du bonheur.

Nihongo wakarimasen

Ne pas parler japonais à Tokyo est assez drôle en fait. On se retrouve complètement paumé et il est impossible d’espérer comprendre quoi que ce soit. Ni à l’oral, ni (et surtout pas) à l’écrit. Mais je pense que pour une première fois ce n’est pas si mal. Se retrouver à manger un bâtonnet de fromage saveur crabe ou encore de l’anus de porc, ça aussi ce sont de bons souvenirs.

Quoi qu’il en soit, c’est la première fois que je suis aussi triste après être rentrée de voyage. Je ne parle pas du petit coup de mou du retour, non. Je parle de vraie tristesse. A peine chez moi, je me suis assise sur le sol et j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Alors oui c’est peut-être stupide, mais je sais que ceux qui y sont déjà allés me comprennent. C’est un véritable choc psychologique.

Bien évidemment tout ce que j’ai pu vivre/voir/ressentir en tant que touriste pendant ces 8 jours ne reflète certainement pas totalement la vie quotidienne. Mais ça, je ne pourrais vous en parler que quand j’y habiterai. Bientôt, promis ;)

Désolée pour la longueur du billet, je vous jure que j’ai déjà bien retiré 6 ou 7 paragraphes…